RE2020 : la réglementation environnementale évolue en réponse à l’urgence climatique

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A l’origine de près de 40% des émissions de CO2, le secteur de la construction doit poursuivre et même accélérer une profonde mutation pour répondre à la fois à de forts enjeux climatiques, et à un besoin de logements toujours en croissance. La future réglementation thermique RT2020 (rebaptisée Réglementation Environnementale RE2020) s’inscrit pleinement dans ce contexte d’urgence.

Le groupe TRECOBAT a démontré au fil des évolutions réglementaires depuis presque 15 ans (RT 2005, Bâtiment Basse Consommation BBC, puis RT 2012) sa capacité à anticiper, innover et consolider ses acquis sur la performance énergétique dans la construction de maisons individuelles. La RE 2020 est un nouveau défi qu’il s’apprête d’ores et déjà à relever, avec l’ensemble de la filière bâtiment. Qu’est-ce qui va changer ? Faisons le point sur le contenu et les enjeux de cette nouvelle réglementation.

 

RE 2020 : intégration de la notion « d’empreinte carbone »

Dès le 1er janvier 2020, la RT2012 cédera sa place à la RE2020 : elle s’imposera aux constructeurs de maisons individuelles sous la forme d’un label E+/C- qui s’articulera en deux axes :

  • « E » comme « Énergie » : l’idée est de réduire la consommation d’énergie au sein des maisons individuelles, et de faire en sorte à termes que la maison soit auto-suffisante (capable de produire la quantité d’énergie dont le foyer a besoin).
  • « C » comme « Carbone » : c’est un point-clef de la réforme, qui consiste à évaluer l’empreinte carbone du bâtiment et des aménagements paysagers tout au long de son cycle de vie

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On utilise 2 échelles d’évaluation :

  • Energie niveau 1 (peu ambitieux) à 4 (maison autonome)
  • Et Carbone niveau 1 à 2 (faible impact environnemental)

Si les modes de calcul sont encore aujourd’hui en cours d’élaboration par le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, et plus particulièrement la DHUP (Direction de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages), ses conditions devraient être restituées dès l’été 2019.

L’ensemble de la filière construction est en pleine effervescence pour constituer une base de données (INIES) de fiches de déclarations environnementales et sanitaires (FDES pour les matériaux) et PEP ecopassport® (pour les équipements). Ces données permettent aux constructeurs d’évaluer précisément leur impact environnemental en phases construction et exploitation de leurs projets (sur une durée de vie de 50 ans).

La RE2020 et son volet Carbone auront des impacts significatifs sur l’ensemble de la filière bâtiment : développement des constructions à ossature bois, usines de production de briques à 100% en électricité renouvelable, béton bas carbone*, économie circulaire (Cradle to Cradle), investissements dans des solutions de type « puits de CO2 » chez les principaux émetteurs, relocalisation de productions (filière courte)…

(*Voir article de presse : TRECOBAT et POINT P récompensés par le prix SNBPE sur le concours E+/C- grâce à l’utilisation de béton bas carbone.)

 

RE2020 : l’autoconsommation en ligne de mire

Pour atteindre le niveau Energie E3 ou E4, la production et la consommation domestique d’électricité renouvelable deviennent incontournables. Mais attention il ne s’agit plus de revendre son électricité, elle devra être auto-consommée pour couvrir partiellement (niveau E3) ou intégralement (niveau E4) les besoins annuels du foyer.

Le recours à l’utilisation de panneaux photovoltaïques est l’une des solutions que pourront dès 2020 proposer les constructeurs. Couplés à un système de gestion intelligente de l’énergie (« Smart Grid » pour optimiser leur rendement), ils permettront de produire l’électricité nécessaire à certains équipements de la maison : appareils en veille dans la journée (TV, box ADSL, …), ballon d’eau chaude sanitaire, climatiseur en été, ou encore départs différés d’appareils électroménagers.

Les technologies de stockage de l’électricité (batteries et onduleurs intelligents « Smart Inverters ») manquent de maturité industrielle et d’expérimentations pour être utilisés dès 2020 en maison individuelle neuve. Ce sont néanmoins des pistes que les constructeurs observent et testent à travers des programmes de recherche tel que COMEPOS.

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Le confort et la qualité de l’air intérieur enfin pris en compte !

Les étés et mi-saisons toujours plus chauds sont à l’origine d’attentes très fortes des habitants sur leur confort intérieur, quelle que soit la région où ils vivent. La RT2012 n’a jamais réellement pris en compte ce critère dont la définition remonte à la RT2005 (TIC : température intérieure de confort). La RE2020 va introduire un nouvel indicateur plus proche du ressenti réel lié aux risques de surchauffe à l’intérieur du logement : la DIES (Durée d’Inconfort d’Eté Statistique).

Les connaissances en matière de qualité d’air intérieur ont fortement évolué ces dernières années. Dès lors les concentrations de polluants et leurs effets sur la santé deviennent pour les constructeurs des enjeux majeurs de santé publique. La RE2020 va introduire de nouvelles exigences liées au dimensionnement et au contrôle des installations de ventilation. Un certain nombre d’industriels portent d’ores et déjà de réelles innovations sur les groupes de ventilation, les réseaux et la circulation d’air, mais aussi l’intelligence associée à des capteurs de mesure de qualité d’air en continu.

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Sans attendre ces prochaines échéances réglementaires, le groupe TRECOBAT est depuis l’été 2018 en mesure de proposer des solutions technologiques alliant confort d’été (en particulier dans les chambres), et qualité d’air intérieur grâce à une ventilation par insufflation (VMI®) couplée à un système de chauffage/rafraîchissement : c’est la fraîcheur à l’état pur !

Quid de la gestion des déchets de chantier ?

Précurseur en matière de gestion durable des déchets de chantier grâce à son partenariat avec le réseau Geode environnement, spécialisé dans le tri, la collecte et la valorisation de ces derniers, Trecobat peut se prévaloir d’avoir un comportement exemplaire à ce niveau depuis 2011.

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Si la RE2020 ne devrait pas imposer de nouvelles obligations aux constructeurs de maisons en matière de gestion des déchets, ce type de démarche éco-responsable reste néanmoins la norme et fait, bien heureusement, de plus en plus d’émules.

Les industriels et producteurs de matériaux devraient, quant à eux, être confrontés à de nouvelles obligations mises en place au niveau européen dans les mois à venir.

 

Maison RE2020 vs maison passive : un match gagné d’avance ?

La maison « passive » fait en réalité référence à un label « Passivhaus » d’origine allemande. Il porte une promesse de sobriété énergétique qui nécessite néanmoins quelques éclairages par rapport à la future RE2020.

Les exigences en matière d’isolation thermique et d’étanchéité à l’air de la maison passive sont certes plus élevées que celles que portera la RE2020. Mais pour quel objectif ? Réduire de l’ordre de 50% la consommation de chauffage et les coûts de maintenance associés. Or ces dépenses ne pèsent pas plus de 20% du budget énergie d’une maison RE2020 : il restera toujours à produire de l’eau chaude sanitaire et à ventiler, ainsi que la consommation des appareils domestiques (box ADSL, four…).

L’impact de la maison « passive » est de l’ordre de +20% sur l’investissement initial, que les économies sur le seul poste chauffage ne permettent pas d’amortir. Sans compter que ce référentiel contrairement à la RE2020 :

  • n’impose rien en matière de réduction de l’empreinte carbone de la construction
  • et au contraire contraint fortement la liberté de création architecturale (conception bioclimatique)

Bien que la notion de maison passive bénéficie d’une connotation premium, l’approche RE2020 est économiquement bien plus viable. D’autant que les coûts liés aux niveaux E3 et E4 devraient baisser significativement dès 2021 avec la montée en régime de la RE2020.

 

Transformation digitale : la maquette numérique au service de l’environnement

Certes nous l’avons vu précédemment il faut s’attendre à des changements significatifs sur les matériaux, les matériels et les modes constructifs. Mais la digitalisation des métiers de la construction doit également se développer pour le traitement des données nécessaires à :

  • la valorisation et à l’optimisation des empreintes énergétique et carbone dès la phase conception
  • l’accompagnement des compagnons sur chantier pour une meilleure qualité d’exécution

trecobat-re2020-bimL’exploitation de ces masses de données très volumineuses ne peut être envisagée avec les outils de modélisation traditionnels. Ainsi le BIM (Building Information Modeling) est une réponse logicielle et organisationnelle parfaitement adaptée à ces enjeux : il s’agit d’une maquette numérique qui agrège toutes les informations nécessaires à la conception et à la réalisation de la construction. Elle est partagée sur une plateforme où chacun des acteurs du projet y apporte sa contribution tout en éliminant les tâches redondantes. Cette démarche nouvelle pour le secteur du bâtiment permettra de rechercher pour chaque projet un optimum E+/C-, de réduire les délais de construction et les déchets de chantier.

Citons également de très nombreuses start-up du numérique qui sont en mesure de proposer des services visant à optimiser entre autres les transports, la gestion de l’eau et des déchets en phase construction etc… D’autres applications, à l’instar de NESTOR (développée par le groupe TRECOBAT), intègrent un carnet d’entretien numérique pour pérenniser la performance énergétique et celle de la ventilation en phase d’exploitation de la maison.

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Les Constructeurs et Aménageurs

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